Edito de Mai 2020 – Demain la chrétienté

11 Mai. Cette date sonne comme les cloches de la libération pour certains mais résonne comme le tocsin pour d’autres. Au terme de cette période de confinement, nous pouvons légitimement nous inquiéter des prochains bilans politiques, économiques, professionnels et familiaux.
L’avenir peut apparaitre comme un sable mouvant ou certains sauront se tenir en équilibre pendant que d’autres, nombreux, auront besoin de secours. Mais une chose est sûre et les cloches de la Résurrection nous l’ont rappelé : la Vie triomphe. Qu’en sera-t-il de nos jours prochains ? Nous n’en savons rien précisément. Les analystes économiques et politiques se perdent en conjectures. Les baptêmes et les mariages se décalent. Les licenciements s’annoncent, les projets immobiliers sont suspendus et le retour à l’école est un vrai casse-tête. Pourtant, s’imposant avec son poids de mystère, chacun peut d’ores et déjà noter en gros et en rouge sur son agenda : demain, la Chrétienté. Ce titre d’un livre de Dom Gérard* apparaît comme la direction à prendre. Sans détour, sans escale. C’est une nécessité qui n’attend que notre engagement personnel et fidèle dans notre quotidien quelqu’il soit. Il ne peut y avoir d’ordre, d’harmonie et d’amour dans les sociétés si elles sont coupées du Créateur :« Ah ! si les soldats du Christ–nous pensons à ceux qui ont le courage de militer sous son étendard et ne craignent pas d’en déplier les plis–si ces hommes consentaient à voir dans la royauté du Christ un mystère de grâce, chargé d’exigence surnaturelle réclamant une totale adhésion de leur personne, corps, âme, esprit, intelligence et affections, je puis leur affirmer qu’ils entreprendraient alors une remontée spirituelle d’une portée incalculable aux plans politique et religieux. » (Dom Gérard, Demain la Chrétienté). Dans le même esprit, le Cardinal Sarah exhorte tout un chacun à ne pas ajourner l’Essentiel, à ne pas attendre de tout maitriser pour retrouver une ferveur souvent tiédie par nos modes de vie : « Serons-nous capables de refonder nos cités sur autre chose que la croissance, la consommation et la course à l’argent ? Je crois que nous serions coupables si, au sortir de cette crise, nous replongions dans les mêmes erreurs. Cette crise démontre que la question de Dieu n’est pas seulement une question de conviction privée, elle interroge le fondement de notre civilisation. […] Le monde attend de l’Église une parole forte, la seule parole qui donne l’Espérance et la confiance, la parole de la foi en Dieu, la parole que Jésus nous a confiée. » (Cardinal Robert Sarah, Entretien mené par Charlotte d’Ornellas, Valeurs Actuelles, publication 12/04/2020).Or les familles ne sont-elles pas le cœur battant de l’Eglise mais aussi de la société ? Au terme du confinement, elle ne manquera donc pas de faire l’objet de questions et de débats. Nous entendrons avec joie les témoignages de vie familiale retrouvée, du sens et de la richesse de vivre avec les siens. Mais il y aura aussi des révélations dramatiques (violence, grande précarité matérielle, perte d’emploi…) qui devront nous mobiliser pour soutenir les familles. Déjà, relayées sur le site de la CNAFC, des initiatives se multiplient (en savoir plus).
Sachons demander de l’aide et proposer la nôtre. Nous ne sommes pas seuls. Alors, avançons chaque jour avec confiance, à la suite du Pape : « En ce temps d’incertitudes, je demande à Dieu de vous soutenir dans l’espérance, l’amour et la solidarité les uns envers les autres ». (Message adressé aux francophones, à l’audience générale du 22 avril 2020.)

*Dom Gérard, Moine bénédictin, fondateur de l’Abbaye Sainte Madeleine du Barroux. 

Marie-Alice Dallant Administrateur de l’AFC du Pays de Vannes.