Edito Lettre d’information Novembre 2019 – Pour une écologie de l’homme dans une pleine vision catholique

« Moi, je suis pour une écologie totale, radicale et cohérente : si on décide vraiment de préserver la nature il faut aussi être conservateur dans tous les autres champs de l’existence. Préserver non seulement les anémones, mais aussi les cultures, les langues, les arts, les comportements, et aussi la singularité des peuples. La prise de conscience écologique aura permis l’acte d’un souhait de ralentissement et de conservatisme. Il reste pour le moment circonscrit au champ de l’environnement. » disait l’écrivain Sylvain Tesson dans un entretien au quotidien Le Figaro, le 29 octobre dernier.

Aujourd’hui, tout le monde parle d’écologie et en effet cela reste sous un angle environnemental.  Nous avons vu une jeune fille, Greta Thunberg, largement instrumentalisée et manipulée, pleurer à l’ONU en disant que les adultes lui avaient volée son enfance. De quoi parle-t-elle ? Elle qui a grandi dans l’un des pays où il fait le mieux vivre dans le monde, elle qui n’a pas grandi en Syrie, en Irak, dans un pays d’Afrique vivant au rythme des coups d’états et autres dictatures où dans un autre pays du monde où la vie est dure.

Quand on parle d’écologie, nous ne pouvons pas oublier que la création est au service d’une seule réalité : manifester la grandeur de Dieu.  La terre n’existe pas pour elle-même mais elle est un bien, dont nous devons prendre soin, ce bien est un moyen pour aider à vivre. De même, si l’homme et la femme existent c’est uniquement dans la perspective de la louange de Dieu Créateur.

En décembre 2008, Benoît XVI dans ses vœux à la Curie disait : « Étant donné que la foi dans le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l’Église ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre uniquement le message du salut à ses fidèles. Celle-ci a une responsabilité à l’égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l’eau et l’air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l’homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu’il existe quelque chose comme une écologie de l’homme, comprise de manière juste. Il ne s’agit pas d’une métaphysique dépassée, si l’Église parle de la nature de l’être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s’agit de fait de la foi dans le Créateur et de l’écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l’homme et donc une destruction de l’œuvre de Dieu lui-même. Ce qu’on exprime souvent et ce qu’on entend par le terme « gender », se résout en définitive dans l’auto émancipation de l’homme par rapport à la création et au Créateur. L’homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l’Esprit créateur. »

Si nous voulons être écologique nous nous devons d’être cohérents et veiller à adopter un nouvel art de vivre, empreint de sobriété. Ce nouveau mode de vie va nous amener à nous reconnecter avec la création et nos frères en humanité. De plus, nous devons aussi nous réconcilier avec la vérité, cette vérité qu’est le Christ, le seul rédempteur de l’homme.

Laissons raisonner dans nos cœurs et dans nos intelligences les paroles de Saint Jean-Paul II, le jour de son intronisation à Rome, dans son homélie, le 22 octobre 1978 : « Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir ! Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait ! »

Frantz Toussaint
Vice-Président de l’AFC du Pays de Vannes 
Coordinateur du Chantier Socio-Politique du Morbihan